dimanche 31 août 2008

Car market et ses aléas

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Salut la compagnie,

Aujourd'hui, un petit message rapide en attendant la suite du récit de nos aventures. Un message depuis le Car market de Christchurch où on essaye, depuis maintenant une semaine, de vendre notre voiture. Pas encore désespérés mais ça s'annonce tout de même compliqué. Il n'y a que très peu d'acheteurs potentiels, ce n'est pas la saison. Et la plupart cherchent à investir dans une voiture ou un van plus chers, afin de pouvoir revendre à meilleur prix (voire même à profit).
Je ne comprends plus les voyageurs d'aujourd'hui. Ca se dit backpacker, routard au budget limité mais ça met $3.000 dans une caisse qui pourrait leur claquer dans les mains (alors que nous n'avions investi que $1.500 à deux)...

Bref, souhaitez moi bonne chance et bonne rentrée de septembre à tout le monde !


- Jb -


PS: J'en profite pour vous annoncer la création d'une rubrique "Pensée du jour", et "Photo du jour" que j'essaierais de maintenir jusqu'à notre retour en France, dans 26 jours. Pour vous faire patienter...

La pensée du jour nous est fournie par le Sieur Raybon Kan, journaliste au Christchurch Sunday Star Times : "Que doivent penser les pays pauvres lorsqu'ils regardent l'équitation aux Jeux Olympiques. Soyons sérieux. Les chevaux sont mieux nourris que la majorité de leurs citoyens. Il est probable que des continents entiers ne regardent l'équitation que parce que c'est appétissant!"

La photo du jour nous est offerte par les rues de Christchurch où les vendeurs d'ectasie semblent avoir pignon sur rue. A moins que je ne m'abuse? Je vous laisse juger ci-après...




vendredi 22 août 2008

Vacances avec Alain et Sonia I


Kaikoura




Lundi 4 Août :

On a des invités ! C’est l’occasion pour nous de nous reposer un peu (beaucoup !) et de découvrir le Canterbury en commençant par Kaikoura.

En maori, Kai signifie « manger ou nourriture » quand Koura veut dire « langouste ». Vous l’aurez compris, nous sommes au pays des mangeurs et des pécheurs de langoustes. Mais ce n’est pas tout ! Kaikoura est surtout réputée pour la richesse de sa faune environnante et ses nombreuses attractions touristiques. C’est ce que nous expliquons à Alain et Sonia lorsqu’ils sortent de l’aéroport pour monter dans la très célèbre Titine. Sauf que, 20 minutes après, nous ne sommes toujours pas partis. En effet, nous devons faire rentrer, dans notre formidable Sport Wagon, pas moins de 4 énormes sacs, ma grosse valise, 3 sacs de courses et d’affaires diverses, notre couette King size, le radiateur portable, l’ordi portable, les chaînes, un sac de patates et la glacière pleine de bières… Solution ? Tout le monde se serre ! Pendant 2 heures et demie. Assez de temps pour voir que les récentes intempéries ont laissé leurs traces dans les champs, pour la plupart inondés. On donne quelques explications à nos malheureux visiteurs qui, coincés entre deux piles de bagages ne peuvent pas trop voir le paysage, en indiquant les moutons, les oiseaux qui ne volent pas sur la route, les subtilités du code de la route kiwi… On observe la DDE locale nettoyer la route, encore un peu bloquée par des glissements de terrain et, première surprise, on aperçoit quelques phoques sur les rochers, dans la mer ou au bord de la route. La seconde surprise arrive très vite car, étant en plein hiver et au bord de la mer, l’auberge de jeunesse que nous avons réservé est vide ! Donc on a plus l’impression d’être en Bed&Breakfast qu’en Backpacker. De plus, les proprios (qu’on a déjà eu l’occasion de rencontrer au cours de notre détour forcé) sont vraiment sympas. Johnny et Bridget sont un jeune couple avec un caniche marrant du nom de Mini et une auberge toute récemment achetée. Ils voulaient acheter une maison à eux et ont donc repris cette auberge de jeunesse, tout en gardant une partie perso le temps de faire construire leur nouvelle demeure à l’arrière. Résultat, nous avons un logement agréable et chauffé et des petites attentions telles que les petits bonbons sur l’oreiller. Voire, carrément, la langouste cuite et mise au frigo rien que pour nous. Effectivement, Johnny s’occupe surtout de l’une des activités phare à Kaikoura : la partie de pêche (l’auberge n’étant qu’une source de revenus annexe). Mais nous y reviendrons. Pour l’instant, il s’agit de se remettre du décalage horaire, car le programme va être chargé !


Mardi 5 Août :

Lever à l’aube, grattage du pare-brise, prise de pilules contre le mal de mer, enfilage des Damarts (l’ordre étant à revoir), nous nous rendons à l’embarcadère pour notre première sortie en mer. Une excursion très spéciale puisque nous l’attendions depuis un bon moment déjà et qu’elle est unique en son genre : le Whale watching. En français, l’observation des baleines dans leur milieu naturel. Pour cela, nous bravons une mer agitée à l’aide d’un bateau confort, à moteur et quittons le rivage de Kaikoura sous un soleil radieux. En chemin, nous apercevons une otarie qui sort sa tête pour nous voir passer, l’air de rien, ainsi que des oiseaux qui jouent avec le bateau, les vagues et le vent. Peu de temps après, nous observons notre première baleine. Il s’agit d’une Sperm whale autrement dit un cachalot. On peut le voir expirer l’air par son évent et se rendre compte que ça ne souffle pas l’eau à 50 mètres de haut comme on aurait pu l’imaginer. Néanmoins, se tenir là, si près d’une baleine, ça vous colle un drôle de frisson. Nous restons quelques instants à la regarder se reposer (et probablement digérer, comme nous explique la gentille madame), dans un silence cérémonial, avant de la voir préparer sa plongée et nous montrer le bout de sa queue, puis disparaître complètement. Le bateau repart de plus belle afin de peut-être rencontrer d’autres spécimens, tandis que nous nous cramponnons aux rampes et pleurons à grosses larmes tant le vent nous fouette le visage. Soudain, une autre baleine est en vue. Du moins, l’un des membres de l’équipage l’a repéré avec son gros écouteur à sonar et les infos données par le pilote qui s’occupe de la même attraction, mais dans les airs. Un autre cachalot est à la surface, nous pouvons ainsi reprendre une centaine de photos. Puis, nous partons à toute allure atteindre une troisième que l’on verra malheureusement plonger de loin. Pas de chance pour nous et pas de chance pour ceux qui n’ont pas pris de pilule contre le mal de mer. Et oui, les premiers malades commencent à pourrir le pont de leur… Enfin, bon, vous aurez compris. Pas grave, on reste sur le toit et on scrute de plus belle pour, peut-être, en voir une dernière avant le retour sur la terre ferme. Et nos prières sont exaucées, un autre cachalot vient nous adresser un dernier adieu et c’est tout émus que nous reprenons nos places à l’intérieur pour rejoindre le bord après plus de 3 heures passées sur l’eau. En voilà une bonne façon d’occuper notre première matinée de vacances !

Le grand air nous a ouvert l’appétit, nous attaquons la langouste gracieusement cuisinée par notre hôte. Puis, nous entamons une petite marche digestive sur les rochers au bout de la péninsule de Kaikoura. La marée est basse et la colonie de phoques n’est qu’à quelques minutes de marche. Mais alors que je m’avance pour voir de plus près ces grosses peluches bronzer sur les rochers, les mouettes me font comprendre que je me suis approchée trop près de leurs nids. Becs en avant à grand renfort de cris stridents, les mouettes se ruent vers nous et je réalise que ça peut faire très peur, une mouette ! Plus tard, en revenant au parking, on remarque un groupe de personnes agglutinées autour de quelque chose. La colonie de phoques commençait en réalité dès le parking et nous ne l’avions pas vu. Qu’à cela ne tienne, nous ne nous approcherons pas comme le font tous ces touristes sans scrupules qui, pour un simple cliché, dérangent et ne respectent plus les distances de sécurité entre les animaux et les hommes. C’est vraiment stupide car toute cette nature accessible et observable ne le sera plus si les gens ne respectent rien… Moi, j’aurais bien aimé que le phoque ne se contente pas de grogner et morde un touriste au passage. Ca les aurait fait moins rire ces idiots!

Bref, pour clore la journée, on s’est fait une petite partie de Monopoly version kiwie ! Ici, pas de rue de la Paix mais l’île de Rangitoto est l’une des propriétés les plus chères et au lieu de nos 4 gares, les kiwis ont la possibilité d’acheter le Cable Car de Wellington, l’aéroport d’Auckland, le Ferry de Picton et la gare de Dunedin. Au final, Sonia et Jibé se sont fait plumer et j’ai finalement perdu face à Alain. Pourtant, j’avais réussi à choper le Mont Cook et le Milford Sound et y construire des hôtels, une première dans l’histoire de Lulu et le Monopoly. Mais assez rigolé, une nouvelle journée nous attend…





Mercredi 6 Août :

La vie peut être cruelle parfois… Le soleil était pourtant là, la mer ne secouait pas beaucoup, les combinaisons de plongée nous allaient plutôt bien et on arrivait à respirer dans le tubas. Sauf que voilà, les intempéries (encore elles !) ont trop agité la mer et les dauphins étaient au grand large. De plus, notre guide nous a expliqué que des orques avaient été vu aux alentours et les orques mangent les dauphins. Pour toutes ces raisons, nous n’avons pas pu nager avec eux comme c’était prévu. On était tous déçus mais les dauphins restent des animaux sauvages dont on ne peut pas toujours prévoir le comportement. Du coup, je ne sais pas si ce fut la déception ou le décalage horaire pour nos invités mais on a rien fait de plus cette journée. Faut bien se reposer un peu !





Jeudi 7 Août :

D’autant plus que la journée de jeudi fut des plus magiques ! Parce que notre hôte était vraiment cool et que le temps restait au beau fixe, nous sommes retournés en mer pour une partie de pêche ! Au menu 3 heures et demie à la recherche du repas du soir… Vers 10 heures, nous partons les sacs à dos remplis de snacks, sandwichs et bières pour messieurs, ou comment pêcher à la kiwi. Premier arrêt, nous relevons les nasses pour attraper des langoustes et nous relâchons la première car il s’agit d’une femelle pleine d’œufs. Le deuxième arrêt, nous le faisons près des phoques qui prennent la pose rien que pour nous. Au passage, on a le choix entre les observer dans l’eau ou sur les rochers et sans le troupeau de touristes avec nous, le pied ! Puis, nous nous dirigeons vers l’un des coins de pêche que connaît Johnny. Les surprises ne cessent alors d’affluer. On croise, à notre grande joie, des pingouins bleus, les plus petits du monde ! Dans l’eau, on dirait vraiment des canards avec un bec légèrement différent. Puis, des dauphins Hector (le second plus petit du monde, décidemment !) nous rendent visite en nageant gaiement autour du bateau. Le coin semblant également plein de poissons, nous jetons l’ancre. Sonia ouvre la partie en pêchant un premier poisson, une perche de mer même si elle est plus intéressée par les dauphins que par la canne à pêche. A partir de là, les touches s’enchaînent et nous attrapons, chacun notre tour, perches, cabillauds et bébés requins. Nous relâchons ces derniers que nous ne pouvons manger, surtout que le panier commence à sérieusement se remplir ! Tout autour de nous, lorsque Kev, l’assistant de Johnny, commence à couper les filets pour notre repas du soir, des goélands, des cormorans et (les plus impressionnants) des albatros s’amassent autour du bateau. Du coup, entre les dauphins, les poissons et les oiseaux, on ne sait plus où donner de la tête. Alain se transforme en véritable Cap’tain Igloo et attrape les poissons à la chaîne ! Sa plus grosse prise restera ainsi dans les annales et l’appareil photo de notre hôte (qui n’en avait jamais pêché), une raie ! Qu’il aura remonté pendant au moins 10 bonnes minutes ! Le temps passe malheureusement trop vite sur l’océan et nous devons regagner la plage. Sur le chemin du retour nous nous amusons des vagues qui font rebondir le bateau et nous installons des morceaux de poissons en guise d’appât pour les nasses à langoustes. Et, alors que nous remplacions les carcasses par du poisson frais, quelle ne fut pas notre stupeur de remonter un carcasse de langouste, accompagnée de son prédateur du jour : un poulpe ! Nous remettons cette grosse bête vilaine et gluante à la mer après lui avoir causé certainement une grosse frayeur et nous découvrons qu’elle n’était pas seule… Un hippocampe se trouve aussi dans la nasse ! C’est à croire que toute la faune maritime s’est donnée rendez-vous ce jour-là, exclusivement pour nous ! Après tant d’émotions et légèrement saoulés par le vent, nous nous reposons à l’auberge. Nous jouons au jeu des personnages célèbres et les filles gagnent et gagnent et regagnent… (Merci Manu de nous l’avoir appris, il nous fait vraiment marrer ce jeu !) Puis, après un bon plat de poissons, nous allons faire de beaux rêves, bercés par le tangage du bateau (qui, perso, ne me quitte plus).





Vendredi 8 Août :

Pas grand-chose, on prend un rythme assez cool. De plus, le soleil laisse peu à peu place à la pluie ! On reste alors devant la télé, on fait des machines à laver, on remet une trempe aux mecs au jeu des personnes, j’apprends avec difficulté à jouer à la belotte… Je réalise également ma BA du mois en ouvrant la porte à un backpacker allemand en l’absence des patrons, insistant pour qu’il attende le retour de Johnny plutôt que d’aller dans une autre auberge. Résultat, quand on repart, il nous explique qu’il va rester à l’auberge quelques semaines, Johnny l’ayant embauché pour faire le ménage. Et dire que si je n’avais pas ouvert la porte… Merci, mes chevilles vont bien et ça fait toujours plaisir de se faire mousser. Après tout, c’est notre blog, notre vie en NZ, notre fierté sans modestie ! Et toc ! Et c’est ainsi que je vous laisse et vous donne rendez-vous à Christchurch ! (Jibé rajoute :Heu, je tiens à préciser que j’ai pas pris la grosse tête, moi…)





vendredi 15 août 2008

Welcome to Dunedin !

Grâce à une Lulu toujours très inspirée, on continue à rattraper notre retard avec un deuxième post en deux jours. Pas mal!



A leur arrivée en 1848, les premiers colons écossais baptisèrent ainsi la ville de Dunedin, d’après le gaélique qui signifie Edimbourg. Nous, les origines écossaises de la cité ne nous intéresse que moyennement, même si on apprécie l’ambiance générale qui s’en dégage. Ainsi, nous sommes allés nous promener sur le campus de l’Université de l’Otago, l’une des plus grosses du pays et certainement la plus cotée en terme de qualification et de mégas fiestas. Les bâtiments sont en grosses pierres grises et les chemins qui y mènent sont pavés. De plus, l’endroit est bien tenu et les affiches, généralement collées un peu partout, se retrouvent uniquement aux endroits prévus à cet effet. A chaque département, Histoire, Biologie, Psychologie, etc., une maison complète est attribuée. Pour ceux qui connaissent, Jibé s’est cru à Charleston et, de mon côté, j’errais dans une reconstitution moderne de Poudlard, le « pourcent artistique » en supplément. Dans le même style, j’ai bien aimé la gare de Dunedin, construite dans le même esprit. Et, surtout, je dois dire que cela fait du bien de voir des bâtiments tels que des gares, des églises et des universités… en pierres ! On craque un peu avec les maisons en bois. Et, honnêtement, je préfère de loin la belle pierre, solide et isolante, aux planches de bois peintes. Mais bon, chacun ses goûts. En parlant de goûts, j’ai eu une belle surprise lorsqu’on s’est garé à la gare. Nous sommes tombés sur le marché régional ! J’ai toujours aimé les foires, les broc’ et les marchés et, ici, il y a toujours plein de bonnes choses à déguster. Du coup, on est reparti avec du miel, de la saucisse de vénisson (de la viande de cerf) et de la pâte sucrée aux graines de tournesol. Quésako ? Une sorte de fudge russe à étaler sur les blinis ou à manger à la cuillère, façon moi. Le bonheur à petits prix.



Nos babines n’étant pas suffisamment rassasiées, nous voilà en route pour une visite de l’usine qui fabrique les chocolats anglais les plus célèbres du monde : la Cadbury’s factory. En bref, une leçon sur l’histoire du chocolat, sa préparation et sa diffusion dans le monde avec les odeurs plein le nez et des échantillons plein la bouche ! Notre Jibé en fut ravi. En détails, pour les plus curieux, je vous explique :

- la fabrique a été créée par un certain Richard Hudson en 1884. Mais l’histoire du chocolat est bien entendu plus vieille que ça. Le chocolat était consommé par les Aztèques en Amérique et fut pour la première fois ramené en Europe par, vous vous en doutez, Christophe Colomb. Mais il ne fut réellement introduit à la cour qu’en 1528, par Hernando Cortez (explorateur et colonisateur de l’Amérique au XVIe siècle) et ce, sous la forme d’une boisson chaude. A l’origine, les Indiens utilisaient le chocolat combiné avec de l’eau chaude. Plus tard, les Anglais remplacèrent l’eau par du lait et ce n’est qu’en 1729 que la première fabrique fut créée sous le roi Georges II, en Angleterre donc. Ah, ces Anglais, ils ont toujours les bonnes idées ! Sauf que l’obtention du chocolat est, en réalité, un vol commis par le célèbre corsaire Sir Drake (tiens, tiens…) au service de la reine à la fin du XVIe siècle. Ce corsaire avait pour mission de piller les navires espagnols (rappelez-vous, l’invincible Armada coulée par ce même énergumène en 1588) et c’est ainsi qu’il remporta, dans son butin, le précieux chocolat. Voilà pour l’explication historique. Au cours de notre visite, nous avons surtout pu observer le processus d’empaquetage et parfois tester quelques échantillons (deux barres de chocolat au lait, deux barres Crunchie, une barre au marshmallow et une autre à la banane) ! La méga gigantesque fontaine à chocolat n’était pas si exceptionnelle que ça. En plus, le chocolat qui s’en écoule n’est utilisé que pour la fontaine et macère longtemps dans la même cuve. On n’avait pas trop envie d’y mettre le doigt, au final.

Pour finir quelques infos en bref, utiles comme futiles, mais qui ont le mérite de nous apprendre quelques choses :

- Le chocolat Cadbury fabriqué en Nouvelle-Zélande, et donc à Dunedin (pour ceux qui ne suivent pas), est un mélange de cacao de Malaisie, de canne à sucre australienne et de lait de vaches d’ici. Unique !

- Tous les ans, nous consommons en moyenne un kilo et demi de chocolat (par tête).

- Vrai ou faux ? Le chocolat est toxique pour le chien (je me souviens d’avoir appris ça par le Benoît de ma Karine). Vrai, car il contient de la théobromine, incompatible avec son organisme.

- Le produit préféré des Néo-zélandais ? Ce sont les Cadbury Roses, soit un assortiment de chocolats. Tout simplement.

- Mauvais pour la santé ? Mais non, mais non ! En plus d’être un anti-dépresseur, il n’y a pas de cholestérol dans le chocolat.

- Savez-vous jusqu’où le chocolat est allé ? Dans l’espace ! En effet, il faisait partie des rations emportée sur la station Mir en 1995.

- Enfin, un Moro (l’équivalent du Mars en meilleur) est mangé toutes les deux secondes quelque part dans le monde.




Bon, là, j’ai dû vous faire sacrément saliver… Le récit de notre visite à la Speight’s brewery vous permettra d’épancher votre soif ! Depuis 1863, la brasserie Speight fait la fierté des gens du Sud. Et pour ça, pas besoin de regarder le documentaire de 20 minutes qui clôt la visite pour s’en rendre compte. Les gens du sud de l’île du Sud sont fiers du Sud et de leur bière. On a pourtant pu en apprendre davantage sur les procédés de fabrication, tout en cherchant la traduction en français des termes employés par notre guide. On a pu goûter différents types d’orge, céréales utilisées pour la fabrication, sentir le houblon à l’état de plante (qui se rapproche fortement du chanvre), s’étonner face aux énormes cuves de cuivre où la magie s’opère et, enfin, humer l’odeur ambiante… Au final, « beer tasting, of course » ! 6 bières que l’on se verse directement à la pression. Et tout ça pour que Jibé se rende compte que celle qu’il préfère est celle qu’il aime déjà ! La Speight’s Gold Medal Original ! Celle qu’il boit depuis 10 mois… De mon côté, j’opte pour la brune (eh ouais, ça m’a surpris également), la Old Dark, franchement bonne ! On apprécie la Summit, un peu légère mais pas mal. La Pilsner est moins bonne que celles qu’on a pu tester en République Tchèque, et la toute brune est un peu trop amère. Un bon moment, de gros fous rires en retournant à la voiture, probablement dus aux vapeurs et aux dégustations, et un coffre rempli de bouteilles d’eau ! Pourquoi ? Parce qu’à Speight’s, on peut se fournir gratuitement en eau fraîche et qu’elle est très bonne (l’usine est construite directement sur une source). Sue nous avait donc rempli le coffre de bouteilles vides pour la maison ! Voyez, on n’est pas juste allé se saouler ! Au passage, saviez-vous que si les bouteilles de Speight’s sont brunes, c’est pour ralentir les effets du soleil et ainsi empêcher une modification des saveurs !

A Dunedin, nous avons aussi eu l’occasion de visiter la péninsule qui fait face à la ville et qui est réputée pour abriter la plus grande colonie d’albatros du pays. Les conditions météorologiques étant revenues à la normale, nous nous y rendons. J’ajoute en passant que la Nouvelle-Zélande a été balayée, fin juillet, par une série d’orages assez impressionnants et destructeurs, surtout pour l’île du Nord. Des inondations se sont produites dans le Northland, la Bay of Plenty et la Coromandel. La pluie s’est également abattue sur la côte Est de l’île du Sud, coupant la route de Kaikoura et inondant les champs autour de Christchurch. Un navire de croisière a aussi été secoué dans les eaux environnantes d’Auckland, avec des creux de plus de 8 mètres, et une femme en a perdu un doigt. Les infos ont parlé de disparitions et de décès mais ce qui nous a le plus surpris fut la réaction des gens. En France, chaque été, nous connaissons le même genre d’inondations. Les campeurs, contraints de fuir face à la montée des eaux et qui y perdent leurs camping-cars et autres effets personnels, pleurent bruyamment à la télé en demandant au gouvernement de payer immédiatement ! J’exagère un peu, je sais bien que c’est dur de perdre ses effets perso et d’avoir ses vacances d’été gâchées, m’enfin… C’est quand même souvent les mêmes campeurs qui reviennent chaque année au même endroit et qui s’enfuient devant la crue des mêmes rivières. De là, à dire qu’ils le font exprès, ce n’est pas sympa (mais Jibé franchit le pas, et ajoute à la liste tous les inconscients qui habitent en zones inondables et qui s’étonnent pourtant lorsque leur salon se transforme en piscine). De l’autre côté de la Terre, ici donc, les gens n’ont pas vu de crues depuis plus de 40 ans, ni même de glissements de terrain, et ils racontent au journaliste que leur maison est complètement ravagée, voire écroulée, sous un tas de boue, qu’ils en ont sûrement pour des années à tout rembourser, reconstruire, laver, etc. Et tout ça avec un grand sourire pour le journaliste ! Si la rédaction recherche du sensationnalisme et des émotions, elle n’y trouvera que de la joie et une philosophie qui nous, Français, râleurs de compétition, nous étonne ! En attendant de comprendre un tel état d’esprit, nous nous inclinons devant une telle sagesse.

Sans transition, la péninsule Otago fut décevante. D’abord, parce que les albatros avaient quitté la péninsule à ce moment-là et, ensuite, parce qu’on a attendu 2 heures dans le vent et le froid entre la tombée de la nuit et la nuit noire pour rien ! La gentille dame du Visitor Center nous avait expliqué qu’on pouvait parfois apercevoir des pingouins bleus, les plus petits du monde, à la tombée de la nuit. Mais pas cette fois ! Nous nous consolâmes de nos deux échecs du jour par la rencontre avec un lion de mer se dorant la pilule sur une des plages bordant la route. Et par le joli panorama que la péninsule offre sur Dunedin, l’Ecossaise. Mais tristes quand même. Pour un temps seulement puisque notre prochaine destination sera l’aéroport de Christchurch. Nous avons de la visite… Alain (le papa de Jibé) et Sonia vont nous accompagner pendant deux semaines, le temps de voir de plus près la région du Canterbury. Affaire à suivre.

See Ya !


PS : J’ai oublié de vous raconter un défi qu’on a voulu tenter. A Dunedin, Baldwin Street est la rue la plus pentue du monde. Et, pour preuve, Titine n’a pas réussi à aller jusqu’en haut ! Le moteur n’a pas voulu. Nous avons dû redescendre la côte en marche arrière, au frein. Pour excuse, on dira qu’il pleuvait… (la preuve sur la vidéo ci-dessous)


jeudi 14 août 2008

Les Catlins et Tirimoana

Aujourd'hui, on rattrape un peu plus notre retard...

Chers lecteurs assidus,

Nous avons quitté la famille de Grant pour retrouver Sue et Pat à Dunedin en passant par les Catlins. Il s’agit du sud du sud scénique et vide de tout ! Mais riche en flore et surtout en faune, ce qui nous intéresse plus particulièrement. Premier arrêt à Fortrose pour nous rendre compte que l’essence y est beaucoup trop chère (20 centimes de plus qu’en ville alors que le prix de l’essence chez nous redescend tout doucement). Détour donc vers Tokanui pour y faire le plein à un prix correct et nous repartons vers le Waipara point. De là, nous avons un point de vue sur une Stewart Island que l’on distingue à peine mais qui, au final, ne nous intéresse que très peu. Nous, on préfère observer les lions de mer qui se prélassent sur la plage ou qui se promènent près de la voiture. D’ailleurs, c’est très gros un lion de mer et ça pèse en moyenne 400 kilos. Et je ne faisais pas la fière quand ce dernier s’est mis à m’approcher, un peu trop rapidement à mon goût, tout en baillant et en me montrant ses dents… Déjà pas téméraire dans l’âme, j’avais aussi lu précédemment que les lions de mer n’aiment pas trop être dérangés et qu’ils peuvent chasser l’homme et le mordre. Il faut également ne jamais se mettre entre lui et la mer mais là, pour le coup, il était couché dans les bosquets de tussoks à un mètre de la route. Nous avons dès lors laissé ces deux gros nounours dont nous n’avons pas (malheureusement ?) senti la forte odeur qui les rend si célèbres et poursuivi notre chemin jusqu’à Nugget Point.


On ne savait pas trop à quoi s’attendre là-bas. Souvent, les innombrables brochures touristiques que je ramasse et dépouille pendant des heures nous déçoivent. A cet endroit, la brochure expliquait qu’on pouvait voir des pingouins, des phoques, des lions de mer, des éléphants de mer, des albatros et même des dauphins… Soit une énumération alléchante de la faune du coin qu’on se refuse à observer ailleurs que dans son environnement naturel (du moins en Nouvelle-Zélande). Première constatation, on ne voit pas d’animaux à Nugget Point. C’est plus une succession de rochers qui, depuis notre point de vue, un phare, donne l’impression d’avoir été disposés par un artiste. En y ajoutant les couleurs de la mer qui part sur des tons bleus foncés pour aller vers le jaune doré en passant par le turquoise (allez savoir pourquoi !), le résultat est plutôt chouette. On distingue même la péninsule de Dunedin et l’orage qui se prépare. Pas de temps à perdre, nous partons à l’assaut des pingouins car il est 3 heures et qu’on en a toujours pas vu. Nous allons donc nous cacher dans un petit abri aménagé par le DOC et commençons notre longue attente. Il faut dire que la dernière fois qu’on a cherché à en voir, c’était dans les Fjords et à Oamaru où nous étions scandalisés d’avoir à débourser 25 dollars pour passer la barrière qu’un escroc malin (ou chanceux) avait installé décrétant un droit d’entrée outrancier pour un phénomène naturel.

Bref, au bout d’un quart d’heure, on commence à se dire que vraiment on n’a pas de veine car rien ne se passe… quand Jibé aperçoit soudainement ce qui ressemble à un canard s’approcher du rivage et sortir de l’eau. Un pingouin ! Et le plus rare de surcroît, puisqu’il s’agit du pingouin aux yeux jaunes. Et hop, il se dandine jusqu’aux rochers où il se met à sécher tranquillement à l’air libre en remuant le derrière de temps en temps ou en agitant les ailes. Et hop, il brave les rochers en les sautant aussi agile qu’un cabri et part se réfugier dans son abri où il y retrouve son nid après une grosse journée de pêche en mer. Les deux heures qui suivent ne sont qu’une succession d’étonnements et de sourires. En effet, plus d’une dizaine nous ferons l’honneur de sortir ce soir-là, soit la moitié de la colonie recensée à cet endroit. Malgré la pluie qui commence à tomber, on ne peut quitter des yeux ces petites bêtes tellement adroites dans l’eau, jouant avec les vagues et qui semblent si penauds sur la terre ferme. N’empêche qu’au moment où on les quitte, ces petits pingouins, ils ont presque tous quitté la plage et se sont réfugiés dans des bosquets après avoir monté en sautillant une pente à presque 40 degrés ! Vachement agile le pingouin quand même !

Tout « émotionnés », nous regagnons la voiture car nous devons rejoindre Dunedin avant la nuit, par politesse pour Sue qui doit se demander ce qu’on fabrique. On est surpris d’y arriver très vite, voir même trop vite quand, devant nous, se dresse la pancarte d’entrée dans la ville de Dunedin. Vérification faite, la ville est toujours à plus de 30 kilomètres de là. En effet, et afin de devenir la 4e ville la plus étendue au monde, la ville de Dunedin a fait posé le panneau en pleine campagne à des dizaines de bornes des réelles limites de la ville… On appréciera le procédé ! Mais en attendant de vous faire visiter la ville, attendez un peu que je vous parle de notre hébergement ! Une fois de plus, Pat et Sue nous accueillent généreusement, cette fois-ci, dans leur résidence secondaire « Tirimoana ». C’est une maison d’hôtes mais aussi le pied-à-terre de Pat qui passe beaucoup de temps à l’Université de Dunedin en tant que professeur en médecine. Située à Karitane, soit une trentaine de kilomètres au nord de Dunedin, Tirimoana est une immense maison en bois, vieille de plus de cent ans (c’est vieux à l’échelle de la NZ rappelons-nous). Elle donne bien évidemment sur la mer et sa plage et son soleil et ses vagues qui vous bercent chaque soir… Le jardin est très joli et bien tenu, et notre boulot consiste à le nettoyer un peu, soit arracher les feuilles mortes et tailler les arbustes. Comme d’hab’, on dort bien, on mange bien (pâtisseries et petits plats extras) et en échange de deux jours complets à astiquer la cuisine, le salon, le couloir, les fenêtres et le jardin, Sue nous offre deux jours de congé pour découvrir Dunedin… Que nous vous raconterons une prochaine fois… (très bientôt)


Bisous à tous !

samedi 2 août 2008

Grovebush ou la Guerre du Southland

Compagnons de voyage, bienvenue à Invercargill ! Accorchez vos ceintures, ce post s'annonce ardu et très très long...

Avant-propos

Autant vous prévenir tout de suite, on prend un peu de retard sur nos posts, n’ayant plus un accès aussi fréquent au Net. Mais d’ici une semaine ou deux, on vous distillera les dernières infos plus rapidement. Mais avant tout ça, revenons déjà sur notre séjour dans le Southland et notre avant-dernier Wwoofing avant l’arrivée de mon père…



Episode I : La menace du Southland

Ah, le Southland et sa « capitale » Invercargill, l’une des villes les plus au sud de la Nouvelle-Zélande. Autant vous le dire tout de suite, l’extrême sud est symbolisé par la ville de Bluff, une bourgade beaucoup plus petite et moins intéressante d’où partent les « trampeurs » de la Stewart Island. La Stewart Island ? La véritable île du Sud de la Nouvelle-Zélande, troisième par la taille mais tellement plus petite que le pays est généralement réduit à ses deux îles principales : l’île du Nord et l’ex-île du milieu, désormais île du Sud. Vous me suivez ? Ce n’est pas grave, on y reviendra…

Tant qu’on y est, certains d’entre vous ont peut-être buté sur le terme « trampeurs », quelques lignes plus haut. Un terme qui amuse toujours beaucoup Ann, notre hôtesse de la Golden Bay, immigrée anglaise qui ne se fait toujours pas à ce terme typiquement Kiwi. En gros, on pourrait le traduire par « randonneurs ». Mais la plupart des anglophones diraient « hikers ». En effet, « to tramp » signifie marcher d’un pas lourd, avec difficulté et effort, piétiner. On en a donc conclu que les chemins de rando néo-zélandais étaient si boueux que les Kiwis avaient opté pour ce terme. Une supposition qui s’avèrera assez exacte à la vue du Southland. A ce propos, revenons donc à nos moutons.

Lundi dernier, nous quittions le Fiordland le cœur gros et les yeux pleins d’étoiles pour gagner la région la plus « reculée » du pays. Car avant d’atteindre ce sacré Southland, on en avait entendu des vertes et des pas mûres sur le sujet. Des gentilles réflexions type « vous verrez, le Southland, c’est complètement perdu », « il n’y a rien à faire et rien à voir » ou « ils n’ont pas de goût dans cette région », jusqu’aux plus gratinées du genre « ce sont tous des alcooliques et des congénitaux », on ne savait plus trop à quoi s’attendre. Et il s’avère que la vérité est toute autre. Les gens du Southland, que le Lonely Planet décrivait autrefois comme des « pèquenots en chemises à carreaux et bottes de caoutchouc », sont parmi les plus accueillants et partageurs du pays ! Pourtant, le Lonely ne semble toujours pas apprécier les « sudistes » à leur juste valeur. Extraits choisis de l’édition 2008 : « Invercargill n’a toujours pas la faveur des voyageurs, malgré les efforts désespérés de ses habitants », ou « les jeunes garçons désoeuvrés du Southland patrouillent dans leurs vieilles autos tunnées pour draguer des filles aux coiffures ridicules sorties tout droit des années 80, ce qui témoigne bien de leur désoeuvrement »… Voilà un exemple du manque de respect dont souffre cette région.

Admettons que les coupes de cheveux ne soient pas toujours des plus heureuses et que la mode soit aux bottes en caoutchouc (ce qu’on comprend aisément compte tenu des précipitations saisonnières), le Southland n’a pas grand-chose à voir avec la description qui en est faite.

Alors oui, je vous dirais oui, il n’y a pas beaucoup à voir ou à visiter. Oui, d’accord, le Southland est détrempé. Oui, ok, il fait froid en hiver et le vent n’aide pas à vous réchauffer. Oui, c’est vrai, on a vu quelques coupes mulet de goût assez douteux. Et d’accord, quand on pose un pied à l’extérieur, on a plus l’impression de marcher sur l’eau que sur l’herbe autour. Mais, vous direz-je, les coupes de cheveux mulet ne sont-elles pas revenues à la mode en France ? A mon grand désespoir d’ailleurs… Et ce gazon si vert et si parfait ne sort pas de terre par miracle ! Quant aux chemises à carreaux, je n’en ai pas vu une seule. CQFD.

Une chose, par contre, qualifie à mes yeux le Southland : la générosité. Est-ce cette famille qui nous a accueillit ou un caractère intrinsèque aux gens du coin ? Je parierais plutôt sur la seconde proposition. Mais qui a bien pu nous accueillir si chaleureusement pour que notre opinion sur le Southland soit si positive, me demanderez-vous. Laissez-moi vous expliquer…

Episode II : Le Southland des clones

Nos hôtes d’Invercargill (plus précisément Woodlands) se prénomment Grant et Karen. Grant le jardinier et Karen l’assistante sociale. Et surtout ne pas oublier leurs deux adorables petites filles : Ruby et Maggie. Respectivement 8 et 4 ans, elles furent une source d’émerveillement quotidien pour vos deux Frenchies préférés !...

Lulu se permet ici une petite parenthèse pour insister sur nos hôtes et plus particulièrement sur nos petites hôtesses qui me font dire que tous les enfants kiwis ne sont pas comme Justin – la terreur. En effet, Ruby et Maggie sont deux charmantes enfants très bien élevées par leurs parents. Un bonheur et un grand repos pour nos nerfs. Premier exemple, Maggie nous a laissé sa chambre pour la semaine et les filles partagent donc la même chambre en attendant. Cela ne leur plaît pas mais elles ne le montrent pas. Décision des parents et non celle des enfants. Second exemple, Ruby s’excuse lorsqu’elle quitte la table et remercie sa maman pour le « lovely dinner ». Ca sonne comme une contrainte mais pas du tout, Ruby est sincère et a vraiment apprécié le repas de sa maman. Qu’on apprécie tous d’ailleurs.

La routine s’installe vite à Grove Bush. On se lève le matin aux cris et rires des filles vers 7h30 quand on n’a pas la visite d’un chat à la recherche d’un peu de calme… Précisons ici que la famille s’étant installée depuis moins de 6 mois dans la maison toujours en travaux, Grant n’a pas eu le temps de poser les portes. Donc pas de porte à notre chambre, ni de rideaux mais un grand lit pas trop mou et une couverture chauffante. Après le réveil, vient le petit-déj’ avec du bon muesli pour moi et du miel pour Jibé. Puis Karen part travailler (mercredi, jeudi et vendredi) quand Grant reste avec nous pour nous occuper de ses noisetiers. Il ira jardiner chez des particuliers le lundi et le mardi. Ainsi, Maggie, qui va à la maternelle un matin sur deux, a toujours l’un de ses deux parents pour s’occuper d’elle. Ruby, quant à elle, part prendre le bus scolaire qui vient la chercher à l’entrée de la propriété non sans oublier sa « lunch box » contenant des crackers, des fruits et un sandwich. En effet, il n’y a pas de cantine en Nouvelle-Zélande. Les enfants partent donc chaque matin avec un pique-nique qui traditionnellement se compose – mais heureusement ce n’est pas obligatoire – de beurre et de marmite (la pâte noire et salée sacrée des anglais) entre deux grosses tranches de pain. Comme nous dit Pat’ il faut avoir été élevé à la Marmite pour en apprécier le goût si particulier. Bref, tout le monde parti nous nous dirigeons vers le champ pour « pruner » (encore) les tout jeunes noisetiers plantés il y a 3 ans. Soit couper toutes les nouvelles pousses qui ne sont pas directement reliées au tronc. Le temps n’étant pas avec nous, nous sommes vite trempés et nous nous replions vers la grange ou nous allons mettre dans des pots toutes ses pousses qui feront peut-être plus tard des grands et vigoureux noisetiers. Malgré la pluie, nous viendrons à bout du champ et des pots et nous varierons notre travail par du plantage de jonquille ou d’un bébé chêne (le Versailles’s oak) choisit par nous de façon à ce que nos hôtes se souviennent de nous. Encore un geste qui nous a touché. Après seulement deux heures de boulot, aidés par Maggie lorsqu’elle n’est pas à la « Kindie », nous prenons le café. Hum… Une tradition qui devrait figurer dans les conditions du Wwoofing tant elle est bonne ! C’est toujours l’occasion de discuter, de casser la croûte pour une Maggie sans cesse affamée et un excellent moyen de se réchauffer.

Notre temps libre nous le passons au chaud dans la maison à jouer avec les filles à Happy Family soit l’équivalent du jeu des 7 familles mais avec seulement 4 membres pour chaque famille, Master, Mister, Misses et Miss. Et nous jouons à la version Maggie c'est-à-dire non pas « as-tu la mère ou le père ? » mais « as-tu un membre de telle ou telle famille ». C’est marrant car en plus de cela elle demande toujours pour la même famille qu’elle l’ait complète ou non. Nous allons également une matinée à l’école de Ruby, pour la soutenir à l’aide de nos panneaux d’encouragement fabriqué le matin même, au cours du tournois de toutes les écoles du coin, tournoi de Netball ! L’occasion d’en apprendre un peu plus sur ce sport que personne ne connaît en Europe et de partager la passion de la famille, les parents étant coach à l’école si besoin. Sinon, Ruby nous sollicite pour ses devoirs qui me semblent bien éloignée de ce que mes frangins ont à faire chaque soir. Il s’agit d’un grand devoir à étaler sur toute la semaine et à finir avant vendredi pour la correction en classe. Le devoir suit la leçon qui est formulée le lundi. Cette semaine le sujet sera la citoyenneté. Ou comment être un bon membre de la société dans des environnements différents. Ruby doit expliquer quels sont sa place et son rôle et ce successivement : au sein de sa famille, avec ses amis, dans son école ou pendant son temps libre. Pour cela, elle commence par faire 4 cases, une à remplir par soir. Nous faisons ensemble la première : la famille. Ruby explique qu’elle doit chaque soir nourrir les animaux car elle fait partie d’une équipe et que comme dans chaque équipe elle tient un rôle. Elle s’applique également à être une bonne hôtesse lorsqu’il y a des invités ! A cela s’ajoute une dizaine de mots à épeler parfaitement, de la lecture et c’est tout. M’enfin, c’est déjà bien mais pas de calculs ni de leçons d’histoire ou même de règles de grammaire ou de conjugaison. Peut-être parce que l’anglais est une langue plus simple que le français ou parce qu’elle n’a que 8 ans mais quand même cela me surprend. Toujours est-il qu’elle s’applique et que maman veille à ce que cela soit bien fait. Les devoirs finis et mes cheveux remis en place – les filles ayant découvert la longueur de ma tignasse et s’amusant à la tête à coiffer – nous passons à table. Karen est une excellente cuisinière et les filles boulottent tout ce qui passe sur la table. C’est d’ailleurs une des choses qui nous a amusé avec les filles, c’est qu’elles ont tout le temps faim mais qu’elles ne mangent que des bonnes choses, des fruits, des carottes, du pain… Mais quand je dis tout le temps c’est environ toutes les heures. Et elles aident pour tout. Elles râpent le fromage, mettent la table, et s’occupent des animaux. Parce qu’à Grove Bush on aime les bêtes. Au total, un lapin, deux moutons (Chocolat et Fraise), des poules et un coq (qui tous accourent vers vous quand vous arrivez près du panier à graines), un chien Cédric (qui dort sur le dos les pattes en l’air car il a mal à la hanche) et trois chats (Gandalf, Monkey et Wilba). Ces deux derniers ont été adoptés par les filles à la SPA et elles s’en occupent chacune à leur façon. Maggie aime beaucoup coiffer une Wilba de très bonne composition et Ruby prend de force une Monkey pour dormir avec elle, d’accord ou non. Au final, les chats ou chatons devrais-je dire, se laissent faire facilement. Après tout, ce ne sont que câlins et bisous. Et un régal pour nous que de rencontrer une famille aussi sympa. On se croirait dans un épisode de « La petite maison… », encore une fois, la religion en moins. On était bien nourri (nous vous ferons goûter la salade spéciale de Karen, betterave, graines de tournesol et cacahuètes), bien logés et nous avons passé une merveilleuse semaine dans cette région si méconnue. C’est pour cela que je laisse Jibé reprendre la plume pour en dévoiler les merveilles ou pour ne pas trop m’emporter vous faire découvrir certaines curiosités…

Episode III : La revanche du Southland

Hum le tuatara, cet animal fantastique, ce dinosaure des temps modernes, cet étrange lézard venu d’ailleurs ! Le tuatara, c’est l’animal endémique Néo-zélandais, l’animal qui a connu les dinosaures en personnes et qui leur a survécu. Le tuatara, un mélange entre un gros lézard, un iguane, un caméléon et un dragon. Le tuatara, c’est surtout une incroyable lenteur, une immobilité à faire pâlir le Mime Marceau et une longévité record. Plus de 150 ans de vie pour Henry, le plus vieux spécimen, qui vit au musée d’Invercargill et qui a survécu à un cancer il y a quelques années. Le tuatara, un animal qui ne subit pas le poids des années et dont l’existence semble se dérouler encore plus paisiblement que celle des tortues les moins actives. Pour vous dire, pendant le bon quart d’heure qu’on a passé à se regarder dans le blanc des yeux avec Henry, il n’a pas bougé d’une seule écaille, pas le moindre clignement de paupière, pas la moindre rotation du globe oculaire, et c’est à peine si on pouvait percevoir le mouvement de sa respiration.

Ceci dit, et pour bien cerner la bête une bonne fois pour toute, il semble important que je vous donne les détails clés :

- le cœur du Tuatara fonctionne à la vitesse supersonique de… 10 battements à l’heure ! Imaginez, ça fait un battement toutes les 6 minutes !! L’histoire ne dit pas si chaque mouvement de cœur prend 6 minutes à s’accomplir ou si son cœur bat à une vitesse normale et cesse de fonctionner pour les 5 minutes et 58 secondes restantes, mais on comprend déjà mieux ses records de longévité.

- Hé, le Tuatara, j’ai envie de dire, faut pas crâner !!! Nous aussi les humains si on faisait du 10 pulsations par heure on vivrait ‘achement vieux !

- Faisons un petit calcul : si on prend un rythme cardiaque humain moyen de 60 pulsations minute, ça nous fait du 3 600 par heure, donc du 86 400 par jour et du 31 536 000 par année (non bissextile). Si on considère ensuite qu’on vit environ 75 ans (et on ne prend même pas en compte les rythmes cardiaques des hyper stressés), ça nous fait environ 2 365 200 000 pulsations/vie (2,365 milliards, pas mal pour nos p’tits coeurs). De son côté, le tuatara fait du 10 pulsations par heure, ce qui nous ramène à 87 600 par an et donc 13 140 000 pulsations/vie (pour une vie de 150 ans en moyenne).

- En bref, comme le tuatara vit deux fois plus longtemps que l’humain grâce son rythme cardiaque ralenti, on peut considérer qu’il fait du 13 140 000 / 2 = 6 570 000 pulsations par vie humaine (6,5 millions). Il n’a donc pas grand mérite à vivre si longtemps vu la faible usure de son cœur. Ainsi, un cœur de tuatara ne permettrait pas à un humain de tenir plus de… 76 jours ! Ridicule (en admettant qu’on puisse évidemment greffer un cœur de tuatara sur un humain) !!

- Autre calcul improbable mais néanmoins intéressant : si un cœur humain battait au rythme du cœur « tuatarien », soit 10 battements par heure, il battrait 360 fois moins vite (rappelons que le cœur humain de notre exemple fait 3 600 pulsations par heure). Or, puisqu’un cœur humain peut tenir 75 ans à un rythme 360 fois plus élevé, on peut considérer qu’il tiendrait 360x75 = 27 000 années au rythme du tuatara… Alors le gros lézard peut aller se rhabiller avec ses 150 années.

- Mais ce dernier calcul n’est pas tout à fait exact, puisqu’il impliquerait que l’humain en question ne soit pas plus gros qu’un tuatara. Il convient donc de diviser ce résultat final par la différence de masse entre les deux espèce (le plus grand étant le corps à alimenter en sang, le plus fatigant cela devient pour le cœur). En considérant un poids moyen de 70 kilos pour un humain et de 2,5 kilos pour le tuatara, l’animal est 28 fois plus léger que l’humain. Ainsi, toutes proportions gardées, l’être humain pourrait vivre 964 ans au rythme du tuatara !!! Pas mal ! Le voilà peut-être le secret de la vie quasi-éternelle.

- Vous l’aurez compris, si vous ne voulez pas mourir jeune, ralentissez votre rythme cardiaque ! Avec un peu de chance, vous atteindrez peut-être le millénaire ! Reste à savoir si nous sommes capables de ralentir notre rythme à ce point. Car être un tuatara, ce n’est pas marrant tous les jours et, sans protection, il ne pourrait certainement pas survivre à de nombreux prédateurs. Imaginez : lorsque deux mâles tuataras se disputent un territoire ou une femelle, ils s’affrontent en brefs assauts de 3 à 5 secondes… Entre chaque assaut, ils ont besoin de 15 à 20 minutes de récupération !!! Voyez la scène, pif-paf-poum, trois coups de pattes et on se repose un quart d’heure… Ca frise le ridicule. Déjà qu’on se moque de ceux qui ne peuvent pas faire un 100 mètres sans cracher leurs poumons… Pour vivre 964 ans (au rythme du tuatara donc), il faudrait manger une fois par an, faire ses course tous les dix ans, travailler un jour dans sa vie et dormir le reste du temps ! Quant aux disputes pour une femelle (oups, pardon, une femme), c’est plus la guerre de Troie, c’est la guerre de 100 Ans !!! Bref, on n’est pas encore prêt de voir grandir nos arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-petits-enfants…

- Toujours est-il qu’il nous a bien fait marrer le Tuatara et que, rien que pour son charmant sourire (si je vous jure, on dirait presque un sourire) et la longévité de son espèce, on le respecte profondément l’animal. Big up donc, toi, le gardien des temps oubliés…

Tiens, et tant qu’on y est, il faut que je vous parle des dinosaures ! On reste dans le sujet. Figurez-vous que la théorie de leur disparition a enfin été élucidée (semble-t-il). Des archéologues Néo-zélandais ont bien gratté la terre et lu dans les cailloux (je me moque mais c’est juste pour titiller notre chère Lucie, qui se consacre à ce doux métier de « gratte fossiles ») et ont conclu qu’une météorite géante était tombée sur Terre il y a exactement 65 millions d’années (enfin exactement à un million près, quand on compte en dinosaure, une année n’a pas de sens). Résultat, scouic, plus de dinos ! Lulu et moi, nous étions restés à nos cours de CM1 et à l’interminable débat du bouleversement climatique, des météorites ou de l’ère glacière. Débat stérile s’il en était, il y a 15 ans de cela (et oui, on vieillit, déjà quinze années qu’on a quitté l’école primaire). Mais le problème semble résolu pour la Nouvelle-Zélande. (Lulu précise juste que ce n’est pas une simple liberté qu’aurait prise l’imprimeur des panneaux sur un seul et unique. Non, l’affirmation est redonnée sur chaque panneau informatif avec des précisions comme la liste des dégâts qui ont suivi l’impact de la météorite.) Alors on fait un appel à témoin : étiez-vous au courant ? Sortons-nous de notre hibernation historique ou la nouvelle ne se serez peut-être pas encore répandue sur la planète ? J’admets qu’on ne se met pas à parler des dinosaures tous les jours (après tout, ce ne sont que de gros lézards qui se doraient la pilule il y a bien longtemps et que l’homme n’a jamais connu) mais serait-il possible qu’une telle nouvelle nous soit passée au travers ? Ou la Nouvelle-Zélande serait la seule à avoir admis définitivement cette théorie ? A moins que ce ne soit que le musée d’Invercargill…

Le musée d’Invercargill, en voilà un sacré morceau. Un lieu aussi sympathique que bordélique. Un grand n’importe quoi qui mérite d’exister mais qui cherche sa raison d’être. L’exemple le plus flagrant : la salle du haut. Il suffit de se tenir au centre de cette pièce et de regarder dans chaque direction pour mieux comprendre.

Dans un coin, une exposition consacrée au fameux Burt Monroe, l’un des Néo-zélandais les plus connus. Mais si, vous savez, ce fada de moto qui a établit de nombreux records de vitesse en son temps, sur une bécane trafiquée dans son jardin… Un cinglé pour beaucoup, un génie pour les autres. Pour ceux qui ne le connaissent pas, je recommande le (récent) film avec Anthony Hopkins retraçant son œuvre et intitulé « The World’s fastest Indian ». Et souvenez-vous en, Burt Monroe est Kiwi, pas Australien ! Tout comme Russel Crowe…

Dans un autre coin de cette même pièce du musée, deux aquariums se battent en duel pour vous donner un aperçu de la faune maritime locale. On se tourne encore un peu et on aperçoit un section consacrée à… l’espace. Non, la Nouvelle-Zélande n’a toujours pas de programme spatial mais une station de contrôle de la station spatiale internationale (ISS) y a été installée par les Européens. Suffisant pour avoir 15m² dans le musée… Une dernière rotation pour découvrir les forages et analyses géologiques du coin. Je n’en ai rien retenu…

Bref, passons directement à la pièce suivante, consacrée aux stations d’observation maritime durant la Seconde Guerre mondiale. Il semblerait que la NZ ait vécu une période trouble dans les années 40, convaincue que le monde l’envahirait (un refuge aux antipodes, pourquoi pas ?). Toujours est-il que le gouvernement a envoyé des hommes sur toutes les petites îles les plus inhospitalières du coin pour surveiller le rivage. Résultat, un gouffre économique et une inutilité totale… Car, comme Kaz le chien géant de Punatapu, la Nouvelle-Zélande attend toujours ses premiers envahisseurs ! Et pour justifier ces dépenses, le gouvernement a essayé de trouver quelques mauvaises excuses qui font aujourd’hui bien rire les visiteurs du musée. Dans le même élan de générosité et de surveillance, le gouvernement avait aussi prévu un plan de secours pour les naufragés du coin. Il faut dire qu’entre 1864 et 1907, les îles Auckland furent le théâtre de pas moins de… 8 naufrages ! Or, 40 ans plus tard, les techniques de navigation s’étaient améliorées et les accidents se faisaient rares. Le gouvernement a pourtant prévu l’installation de sorte d’abris à l’intention de potentiels naufragés. On y trouvait vêtement, ustensiles de pêche, nécessaire de cuisine et gâteaux secs… Une bien noble action, mais désespérément inutile, aucun naufragé n’ayant jamais eu recours à ces abris (par manque de naufrage) ! Résultat : les biscuits secs sont aujourd’hui en vitrine au musée d’Invercargill !!! Il n’y à que les Kiwis pour se soucier des gens à ce point. C’est très commun ici d’aider son prochain, de là à aider l’hypothétique prochain là où personne n’habite, il n’y a vraiment que la Nouvelle-Zélande pour y penser. Vraiment généreux les gens d’ici.

Terminons notre visite du musée par un dernier inventaire des excentricités qu’on peut y trouver. Dans l’escalier, vous pourrez admirer une incroyable collection de clefs ! Un mec était passionné et a fait don de sa collec’ perso au musée, musée qui a dû se retrouver dans un embarras soudain ce jour-là. Il ne pouvait pas mettre toutes ces clefs dans un carton sans offenser la famille. Le conservateur a donc fait des « jolis tableaux » de clefs qu’il a eu l’idée d’exposer, dans l’escalier (faut pas pousser…). Ailleurs, on se coltine quelques tenues d’époque ou autres représentations de la faune environnante. Mais le best du best, mon objet favori du musée reste ce fauteuil d’époque Victorienne que j’ai moi-même rebaptisé le « on se fait la gueule » ! En France, vous devez tous connaître ce fauteuil en forme de « S » qu’on appelle une conversation (puisqu’il incite justement à la conversation, les deux utilisateurs se faisant face). Ici, ils ont inventé (ou importé d’Angleterre, cela mérite quelques recherches approfondies) une banquette carrée à quatre places où les utilisateurs s’asseyent dos à dos et en regardant chacun un coin différent de la pièce. Pour les jours de pluie, peut-être…




Episode IV : Un nouveau Southland

Laissons donc là notre joli musée et voyageons quelques kilomètres plus au sud pour nous retrouver dans la charmante ville côtière de Bluff, renommée pour ses huîtres. N’étant pas moi-même un amateur, je ne saurais vous dire si ces dernières équivalent nos chères fines de claire Marennes-Oléronaises ! Je sais pourtant que les Kiwis semblent les aimer grasses et laiteuses. A ce propos, je dois dès à présent vous prévenir que tout est plus gros, ici, en NZ. Les huîtres font peut-être deux fois la taille des nôtres, alors que les moules sont certainement cinq fois plus grosses. Des moules que nous sommes d’ailleurs allés ramasser avec Karen, Grant, Ruby et Maggie. Pour Maggie, l’expérience fut de courte durée. A peine 3 minutes sur les rochers, pas la moindre moule dans son seau et elle se retrouve à la baille par la force des vagues. Du haut de ses 4 ans, elle a plutôt bien accepté la situation et a trouvé un refuge bien mérité dans la voiture. Une bonne centaine de moules géantes (15 à 20 centimètres de long) plus tard, nous la rejoignons et regagnons nos pénates temporaires. C’est alors que l’idée me vient. Grant a une petite forêt de pins sur son terrain et le coffre est rempli de moules… Il n’en faut pas plus pour une bonne églade ! Oléron power !!! Ceux d’entre vous qui ne connaissent pas ce charmant coin de France ne comprendront pas : il s’agit d’une façon très particulière de cuire les moules, à l’aide d’aiguilles de pin. Succulent ! Il s’agissait pourtant d’un demi-succès car, dois-je le rappeler, nous sommes en plein hiver et les aiguilles sont gorgées d’eau (voire plus haut). Un églade mouillée, mais une églade tout de même ! Yes, encore un coin de France qui connaît son heure de gloire grâce à nous. D’ailleurs, nos hôtes ont tellement apprécié l’idée et le résultat qu’ils se sont promis de retenter l’expérience d’eux-mêmes, l’été prochain, lorsque le climat le permettra davantage ! On vous a mis l’eau à la bouche ? Continuons alors sur notre lancée.

Episode V : Le Southland contre-attaque

Je dois dire que nous faisons assez régulièrement honneur à la gastronomie de notre cher pays d’origine. Après les croques-monsieur, les crêpes, la tarte à la tomate et moutarde à l’ancienne, la tarte à l’oignon, la raclette, la salade vosgienne, le hachis Parmentier, les îles flottantes et le (magnifique) gâteau au chocolat de Lulu, nous avions déjà ajouté la quiche lorraine à notre palmarès. Et ce, pas plus tard que la veille de l’églade ! Une bonne occasion de cuisiner avec Ruby et Maggie, ce qui fut plutôt amusant. Ceci dit, je ne sais pas combien d’entre vous ont déjà essayé de faire une pâte brisée à six mains, quatre d’entre elles ayant moins de 10 ans, mais c’est pas toujours simple. Marrant, mais parfois compliqué au niveau du résultat. Un résultat pourtant magnifique et un grand bravo à la recette de ma Lulu, qui va certainement faire très plaisir à son Pôpa Philou…

Mais n’étais-je pas en train de vous parler de Bluff ? Bluff, ou le sud du Sud. Un panneau vous rappelle à quel point vous êtes isolé dans ce territoire extrême. Toujours pas de Paris en vue, mais on confirme Londres à presque 19 000 kilomètres et l’Antarctique à moins de 5 000 ! Quant au nord de l’île du Nord, il n’est distant que de 1 400 km… Une distance relativement faible qui a étonné ma Lulu. (Cette dernière apprend à l’occasion que Hobart, ville aperçue à plusieurs reprises sur d’autres panneaux directionnels, se trouve être la plus grosse ville de Tasmanie. Voilà qui est fait !) Pourtant, devrais-je vous rappeler que la France ne fait même pas 1 000 km du nord au sud et que seul l’écart entre Brest et Strasbourg équivaut à ce millier, en ligne droite. Si cela peut vous donner une meilleure idée des proportions de ce pays aux quatre millions d’habitants…

A part le panneau, Bluff est censé être le meilleur point de vue sur la Stewart Island, l’île la plus au sud de la NZ. Mais avec le temps qu’on a eu ce jour-là, on n’a rien vu du tout. Pour le point de vue, il faudra repasser ! Assez décevant tout ça.

Episode VI : Le retour du Southland

Dernière chose à retenir du Southland, et surtout d’Invercargill, c’est la « Seriously Good Chocolate Company » ! Un petit café qui ne paye pas de mine mais cache en réalité une fabrique de chocolats artisanaux du plus bel effet ! Leur spécialité ? Les truffes aromatisées à différents vins !!! Miam… Sinon, Lulu et moi nous sommes aussi fait plaisir avec des lingots de chocolats. Le sien fourré à la fraise, le mien fourré aux marshmallows, aux cacahuètes et autres fruits confits (ils appellent d’ailleurs ce grand n’importe quoi chocolaté un « Rocky Road », à cause de son aspect) ! Un régal qui nous laissera d’ailleurs un très bon souvenir du coin, presque aussi bon que celui laissé par la visite de la fabrique de chocolats Cadbury à Dunedin… Mais ça, c’est déjà une autre histoire !


(yeah, Eglade power!)